Genève se trouve dans une situation de pénurie aiguë de logements.

Cinq chiffres pour comprendre la crise du logement à Genève

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Rédactrice - analyste économique
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Taux de vacance au plus bas, loyers parmi les plus élevés de Suisse et accès à la propriété toujours plus coûteux: le marché genevois du logement reste sous forte tension. Une étude met en lumière les principaux déséquilibres du secteur.

À Genève, la question du logement reste un enjeu central, aussi bien pour les locataires que pour les personnes souhaitant accéder à la propriété. La croissance démographique, la demande soutenue et les difficultés liées à la construction alimentent les tensions sur le marché. Dans son étude sur l’attractivité économique du canton, l’Institut d'économie appliquée CREA met en évidence plusieurs indicateurs qui illustrent les déséquilibres du marché genevois du logement. De la disponibilité des logements aux délais d’obtention des permis de construire, cinq indicateurs permettent de dresser un état des lieux.

0,31 %. C’est le taux de logements vacants à Genève en 2026, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS). Autrement dit, seuls trois logements sur mille sont disponibles. Un niveau très inférieur au seuil de 1,3% généralement considéré comme nécessaire à l’équilibre du marché immobilier. La pénurie n’est pas nouvelle: en 2024, avec un taux de 0,46%, Genève figurait déjà au 24e rang des cantons suisses.

369 jours. C’est le délai moyen nécessaire pour obtenir un permis de construire à Genève en 2024. L’indicateur mesure le temps écoulé entre le dépôt d’une demande et la délivrance de l’autorisation. Avec ce résultat, Genève arrive au dernier rang des cantons suisses, près de cinq mois derrière Fribourg, avant-dernier du classement. À titre de comparaison, ce délai dépasse à peine 100 jours dans le canton de Vaud.

20,8 francs. C'est le loyer mensuel net moyen par mètre carré à Genève en 2023, soit le niveau le plus élevé de Suisse. Le canton se classe ainsi au dernier rang national pour cet indicateur. À titre de comparaison, un ménage vaudois paie en moyenne environ deux francs de moins par mètre carré. Selon le CREA, cette situation s'explique notamment par la rareté des logements disponibles, qui contribue à maintenir une forte pression sur les loyers.

1,8 million de francs. C’est le prix estimé pour acquérir un appartement de 100 m² en propriété par étages (PPE) à Genève en 2025. Seul le canton de Zoug affiche des prix plus élevés, proches de 2 millions de francs pour un bien comparable. Dans le canton de Vaud, il faut compter environ 1,2 million de francs. Pour établir cette comparaison, le CREA tient compte des caractéristiques des logements afin de comparer des biens de qualité similaire.

3'700 francs. C'est le montant annuel moyen investi par habitant dans la construction de logements neufs à Genève, calculé sur cinq ans jusqu'en 2023. En dix ans, ces dépenses ont presque doublé, passant d'environ 1'900 à plus de 3'700 francs par habitant. Genève se classe ainsi au quatrième rang des cantons suisses pour cet indicateur. Malgré ces investissements, le marché immobilier genevois reste marqué par une pénurie de logements et des prix élevés.

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