Une isolation thermique insuffisante peut notamment entraîner davantage de déperditions de chaleur et augmenter les besoins en chauffage.

Genève se chauffe encore majoritairement aux énergies fossiles

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Rédactrice - analyste économique
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Le chauffage des bâtiments représente une part importante de la consommation d’énergie et des émissions de CO₂ à Genève. Les données de l'étude Crea montrent une utilisation encore importante du mazout et du gaz pour chauffer les logements.

Le mazout et le gaz se retrouvent principalement dans les chauffages des Genevois. C'est l'un des constats de l'étude Crea qui a analysé les émissions de Co2 des bâtiments du canton. À Genève, 70,4 % de la surface habitable est chauffée au mazout ou au gaz, contre 56,5 % en moyenne en Suisse. Les énergies fossiles occupent ainsi une place plus importante dans le chauffage des logements genevois que dans l’ensemble du pays, constate la dernière étude de l'institut Crea d'économie appliquée. Parmi les cantons de référence, seul Bâle-Ville affiche une proportion nettement plus faible, avec 36,6 %, notamment grâce au développement du chauffage à distance.

Des logements qui consomment davantage d’énergie

Le système de chauffage n’explique toutefois pas à lui seul les besoins énergétiques des logements. L’isolation et, plus largement, la performance thermique des bâtiments jouent également un rôle, selon l'étude. À Genève, la consommation d’énergie pour le chauffage atteint 126 kWh par m² de surface habitable, contre 101 kWh/m² en moyenne suisse. Pour une même surface, les logements genevois nécessitent donc davantage d’énergie pour être chauffés.

Une isolation thermique insuffisante peut notamment entraîner davantage de déperditions de chaleur et augmenter les besoins en chauffage. La combinaison d'une enveloppe thermique moins performante et d’un recours important aux énergies fossiles contribue ainsi au niveau élevé des émissions genevoises.

Cette situation se retrouve dans l’intensité carbone des bâtiments. À Genève, les émissions liées au chauffage atteignent 27,9 kg de CO₂ par m² de surface habitable, contre 18,7 kg en moyenne suisse. Le canton affiche ainsi l’intensité carbone la plus élevée parmi les cantons de référence étudiés. À l’inverse, Bâle-Ville atteint 11,3 kg de CO₂ par m².

À l’échelle des habitants, les émissions liées au chauffage des logements genevois atteignent 1,04 tonne de CO₂ par personne. Ce niveau est supérieur à la moyenne suisse ainsi qu’à celui des autres cantons de référence.

Un autre élément vient toutefois nuancer les émissions par habitant : la surface de logement occupée par les Genevois est plus faible que la moyenne suisse, souligne l'étude Crea. Environ 37,5 m², contre 48 m² en moyenne en Suisse. Les prix et les loyers élevés du canton conduisent notamment les ménages à occuper des logements plus petits. Cette différence de surface réduit mécaniquement la quantité d’énergie nécessaire au chauffage par habitant et donc les émissions associées. 

Une décarbonation qui ralentit

Les émissions liées au chauffage ont diminué dans l’ensemble des cantons au cours des dix dernières années. À Genève, elles ont notamment baissé grâce à la progression des rénovations énergétiques et au recours à des systèmes de chauffage moins émetteurs. Mais le rythme de cette baisse a ralenti ces dernières années. Entre 2013 et 2018, les émissions liées au chauffage des logements genevois ont diminué de 23,5 %. Entre 2018 et 2023, la baisse n’a été que de 12,7 %. 

Selon l'étude Crea, la réduction des émissions passe par plusieurs leviers. Le remplacement des chaudières fonctionnant au mazout ou au gaz par des systèmes de chauffage moins émetteurs permettrait de réduire les émissions liées à la production de chaleur. La rénovation énergétique des bâtiments, notamment l’amélioration de leur isolation, permettrait quant à elle de diminuer les besoins en chauffage.

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