EES: Genève Aéroport appelle Berne à agir
Publié le par:Le nouveau système européen de contrôle des frontières provoque des files d’attente pour les passagers non-Schengen. Genève Aéroport alerte sur les conséquences pour l’attractivité du canton et demande davantage de flexibilité à la Confédération.
Le nouveau système européen d’entrée et de sortie (Entry/Exit System (EES)) inquiète la direction de Genève Aéroport. Invité du podcast de Genève Attractive, son directeur Jean-François de Saussure alerte sur les difficultés liées à sa mise en œuvre à Cointrin et lance un appel aux autorités fédérales.
Introduit en Suisse depuis le 12 octobre 2025, l’EES concerne les ressortissants d’États tiers effectuant de courts séjours dans l’espace Schengen. Il remplace le tampon manuel des passeports par un enregistrement numérique. Lors de leur premier passage, les voyageurs concernés doivent notamment fournir leurs données personnelles et biométriques, dont leurs empreintes digitales et une image faciale.
C’est ce premier enregistrement qui préoccupe particulièrement Genève Aéroport. De nombreux voyageurs effectuent à Cointrin leur première entrée dans l’espace Schengen, alors que, selon sa direction, les espaces et les équipements de contrôle n’ont pas été dimensionnés pour absorber ces nouvelles formalités.
«Nous avons énormément de passagers dans le Schengen qui arrivent pour la première fois à Genève, dans des espaces d’accueil et avec des équipements et des guérites douanières qui n’ont pas été dimensionnés pour ces besoins-là», explique Jean-François de Saussure.
L’accumulation de ces enregistrements peut alors ralentir le passage aux contrôles et allonger les files d’attente, en particulier lors des périodes de forte affluence.
Des plaintes des milieux économiques et diplomatiques
Pour le directeur de Genève Aéroport, les conséquences dépassent toutefois la seule gestion des flux de passagers. La plateforme accueille de nombreux voyageurs d’affaires, diplomates et représentants d’organisations internationales, pour lesquels elle constitue une porte d’entrée vers Genève.
«Aujourd’hui, l’enjeu est réputationnel pour Genève parce qu’on a des plaintes des secteurs économiques, des plaintes des secteurs diplomatiques également par rapport à la lenteur de ces contrôles», relève-t-il.
Des attentes récurrentes aux contrôles peuvent ainsi peser sur l’expérience d’arrivée et, selon la direction de l’aéroport, sur l’image de la destination.
«Il en va de la compétitivité de la place suisse»
Genève Aéroport demande désormais davantage de souplesse à Berne dans la mise en œuvre du système, en invoquant notamment les pratiques adoptées dans d’autres pays européens.
«Nous faisons un appel assez fort au niveau des autorités pour continuer à flexibiliser la mise en place de ce système, comme cela se fait dans d’autres pays européens», affirme Jean-François de Saussure.
Un appel directement adressé à Berne? «Oui. Il en va, encore une fois, de la compétitivité de la place suisse», répond-il.
Le directeur ne remet pas en cause le principe de l’EES, qui vise à moderniser et sécuriser le contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen. Son appel porte sur ses modalités d’application en Suisse. «Pour nous, il est essentiel qu’on ne nous applique pas des critères plus sévères que ceux qu’appliquent nos voisins», conclut Jean-François de Saussure.