Ce nouvel espace renforcera l’offre culturelle de la rive droite et, plus largement, du canton.

À Vernier, Concorde veut donner du temps à la culture

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Rédactrice - analyste économique
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Un centre culturel de 27'000 m² ouvre ses portes à Vernier, réunissant sous un même toit les espaces où l'on crée, répète, se forme et présente ses œuvres. Ce nouvel espace renforcera l’offre culturelle de la rive droite et, plus largement, du canton.

Spectacles, studios de création, salles de répétition, espaces de formation, hôtel, logements: à Châtelaine, Concorde rassemble tout cela sur 27'000 m². Ce weekend, le nouveau centre culturel ouvre ses portes à Vernier. Pendant trois jours, le public est invité à découvrir gratuitement le site à travers des spectacles, des ateliers, des visites et des répétitions publiques.

C'est toute une vision de la culture qui s’installe sur la rive droite genevoise, historiquement moins dotée en grands équipements que la rive gauche. Né de la volonté de la Ville de Vernier et pensé en lien avec le développement du quartier de Châtelaine, où 4'500 logements doivent voir le jour d’ici 2030, Concorde veut s’inscrire dans la vie du quartier plutôt que fonctionner comme une institution isolée.

Des résidences d'artistes 

À l'intérieur de ce vaste complexe financé par des fonds privés et publics, on trouvera bien sûr deux salles de spectacle (grande et petite, pour un total allant jusqu’à 1'000 places) programmées pour faire résonner danse, théâtre, musique acoustique ou amplifiée, cirque et magie. Mais l'ADN de Concorde réside autant dans sa capacité à diffuser qu'à produire, notamment à travers ses résidences d'artistes.

Doté de dix studios de danse et de douze salles de musique, et d'un studio d'enregistrement, le centre veut offrir aux compagnies ce qui fait le plus défaut aujourd’hui: «il manque des murs pour le temps long. On est dans une nécessité de production constante», analyse la co-directrice Eve-Anouk Jebejian. «Un artiste en résidence doit pouvoir travailler plusieurs semaines sans avoir l’obligation de présenter un spectacle fini à la sortie.» Une offre qui a rapidement trouvé son public : «Les artistes et les compagnies sont venus assez naturellement»

Une singularité saluée par Frédéric Steinbrüchel, co-directeur : «Une des spécificités de Concorde c'est de pouvoir accueillir l’idée d’un spectacle, et l’accompagner complètement jusqu’au moment où il se révèle au public.»

Transmettre entre générations

Cette culture du «temps long» passe aussi par l'apprentissage et le contact direct avec la jeunesse. Concorde accueille ainsi les élèves en formation du CFC de danseur et interprète du CFP Arts, unique formation professionnalisante en danse contemporaine pour la Suisse.

Pour Frédéric Steinbrüchel, cette cohabitation avec les élèves s'impose comme une évidence : «C’est d’abord la jeunesse et la transmission d'une forme d'art. C’est aussi créer des liens entre ce qui se passe au plateau avec des artistes confirmés et des jeunes en formation qui découvrent une réalité, une passion.» Une véritable «ruche» où un danseur en herbe peut croiser une musicienne ou un scénariste en plein travail.

Faire vivre le quartier

Pour attirer aussi bien les passionnés que les curieux, Concorde mise sur la porosité des genres. Le complexe intègre un hôtel, un restaurant, un immeuble de 127 appartements étudiants et des logements sociaux. Le site accueille également sous son toit la bibliothèque de Châtelaine et les bureaux de l’Orchestre de chambre de Genève.

«La culture et le commercial sont imbriqués, fusionnés», résume Frédéric Steinbrüchel. L’idée est de faire dialoguer ces deux dimensions en permanence, pour que le quartier vive bien au-delà des horaires des spectacles. De quoi offrir «1'000 raisons et 1'000 chemins» de se rendre à Concorde.

Un duo à l'unisson

Comment pilote-t-on un tel paquebot à deux? Loin d’un «mariage arrangé», Eve-Anouk Jebejian et Frédéric Steinbrüchel ont forgé leur binôme au fil d’un long processus de candidature. Ancienne conseillère culturelle en Ville de Genève et ancien secrétaire général de l’Orchestre de Chambre de Genève, le duo se connaissait déjà bien.

Si Frédéric Steinbrüchel s'oriente plutôt vers la gestion administrative et financière et qu'Eve-Anouk Jebejian pilote la programmation culturelle, les barrières sont poreuses. «On est vraiment dans une pensée de faire ensemble, de collectif», détaille la codirectrice. Un esprit d'équipe qui se retrouve dans l'ensemble du projet.
 

Trois jours de festivités 

Du 25 au 27 septembre, le public genevois peut tester gratuitement ce nouveau lieu de vie à travers un week-end portes ouvertes très éclectique : le spectacle semi-improvisé du collectif acrobatique XY (écrit sur place toute la semaine), un warm-up dansé avec le chorégraphe Kiyan Khoshoie, des DJ sets, des cours de yoga,des podcasts live, des ateliers de musique et des animations familiales immersives et participatives dans le quartier.

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