Ce résultat s’explique par une combinaison de facteurs: une dette publique record, des dépenses largement supérieures à celles des autres cantons et une forte pression fiscale

Genève lanterne rouge des finances publiques

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Juriste et chargé de projets
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Une étude de l’Institut CREA classe Genève au dernier rang des cantons pour sa compétitivité fiscale et budgétaire. Dette, dépenses et pression fiscale pénalisent le canton.


Genève se classe 26e sur 26 dans le classement des finances publiques cantonales établi par l’Institut CREA. Présenté mardi dans le cadre d’une étude, ce nouvel indicateur évalue notamment la charge fiscale, l’endettement, le niveau des dépenses et l’efficience du secteur public.

Ce résultat s’explique par une combinaison de facteurs: une dette publique record, des dépenses largement supérieures à celles des autres cantons et une forte pression fiscale. Malgré une exploitation de son potentiel fiscal la plus élevée de Suisse, l’État peine ainsi à maîtriser ses charges.

Ce constat peut surprendre au regard des récents excédents enregistrés dans les comptes. Ces derniers reposaient toutefois en partie sur les recettes exceptionnelles générées par le négoce de matières premières et la finance, deux secteurs favorisés par un contexte géopolitique instable.

Des recettes fiscales très concentrées

Cette situation met en évidence une fragilité du modèle genevois: sa forte dépendance à un nombre restreint de contribuables et d’entreprises. Plus d’un tiers des recettes fiscales, soit 34,5%, provient de 1% des contribuables. Une concentration qui expose davantage les finances publiques aux variations conjoncturelles.

Ces rentrées fiscales élevées entraînent par ailleurs une hausse de la contribution genevoise à la péréquation financière nationale. Déjà premier contributeur en 2026, Genève conservera cette position en 2027. Le canton versera alors 670,3 millions de francs au titre de ce mécanisme de solidarité, soit près du double du montant acquitté cinq ans auparavant.
Plus de 40’000 francs de dette par habitant

Ces recettes n’ont pas suffi à résorber l’endettement. En 2023, la dette publique brute représentait 33,9% du produit intérieur brut cantonal, plaçant Genève au dernier rang du classement. Rapportée à la population, elle dépassait 40’000 francs par habitant, soit plus du double de celle de Bâle-Ville.

Le niveau des dépenses pèse également dans le résultat. Le canton affiche notamment les salaires les plus élevés de Suisse dans l’administration publique. En 2022, le salaire médian y dépassait légèrement 9’000 francs, soit 7,5% de plus que la moyenne nationale et 15,2% de plus que dans le canton de Vaud.

Un potentiel d’économies de 15%

À cette comparaison s’ajoute celle de l’efficience des dépenses publiques. Selon le modèle du CREA, le canton pourrait théoriquement réaliser des économies équivalant à environ 15% de ses dépenses publiques totales, tout en maintenant un niveau de prestations inchangé.

Le canton se trouve ainsi face à une équation délicate. Sa fiscalité élevée ne suffit pas à financer durablement ses dépenses ni à résorber sa dette. Dans le même temps, ses recettes reposent largement sur des contribuables mobiles et des secteurs sensibles aux cycles économiques et géopolitiques. Une fragilité susceptible, à terme, de peser sur son attractivité.
 

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