À Genève, le difficile accès à la propriété

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Moins d’un ménage genevois sur cinq possède son logement. Entre prix élevés, pénurie de logements, construction insuffisante et protection du parc locatif, devenir propriétaire reste particulièrement compliqué. État des lieux avant la votation du 27 septembre.

Genève est un canton de locataires. Seuls 18% des ménages sont propriétaires de leur logement, alors qu’en Suisse la proportion s’élève à 35% et au niveau européen le taux est d’environ 61%. Cette proportion place Genève parmi les cantons où l’accession à la propriété est la moins répandue : seul Bâle-Ville présente un taux inférieur.

Un marché du logement sous tension

Cette faible proportion de propriétaires s’inscrit dans un marché du logement particulièrement tendu. Le taux de vacance des logements dans le canton de Genève s’établit à seulement 0,31% au 1er juin 2026, soit le taux le plus bas observé depuis 2011, selon les dernières données de l’OCSTAT. En termes absolus, cela représente 111 maisons individuelles et 682 appartements disponibles. Deux tiers des maisons vacantes sont à vendre, contre seulement 16% des appartements. Au total, la part des logements à vendre se monte à 23% sur l’ensemble des logements vacants à Genève. 

À cela s’ajoute un marché de la construction qui ne permet pas d’absorber durablement la demande. Le nombre de logements neufs mis en chantier dans le canton en 2025 (1’331) est nettement inférieur à la moyenne des trois dernières années et représente même le niveau le plus bas enregistré depuis 2009. Dans le même temps, la dynamique démographique de la région reste soutenue : en vingt ans, la population du Grand Genève a augmenté de 36%, alors que seuls 25% des nouveaux logements ont été construits dans le canton.

La LDTR protège le parc locatif

Néanmoins, ces éléments statistiques ne peuvent pas expliquer à eux seuls la faible proportion de propriétaires à Genève. La Loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d’habitations (LDTR) y joue aussi un rôle prépondérant. L’un des buts poursuivis par la loi est de protéger l’offre locative à Genève en période de pénurie de logements. Pour atteindre cet objectif, la loi soumet à autorisation toute aliénation d’appartement jusqu’alors offert à la location. Dans les faits, ces autorisations sont très restrictives tant que perdure la pénurie de logements. Cette pratique a par ailleurs été confirmée par la jurisprudence.

Cette protection du parc locatif a des conséquences directes sur l’accession à la propriété immobilière à Genève. Elle pose également la question de son articulation avec l’article 180 de la Constitution genevoise, qui prévoit que l’État encourage l’accès à la propriété du logement.

En somme, ces différents éléments permettent de comprendre pourquoi l’accès à la propriété reste si limité à Genève. Des prix immobiliers élevés, une offre de logements insuffisante et un parc locatif particulièrement protégé limitent le nombre de biens accessibles aux ménages souhaitant devenir propriétaires. Dans un marché où la construction ne suit pas la croissance démographique, les possibilités d’acquérir son propre logement restent donc particulièrement limitées.

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